La QVT commence par l’aménagement des locaux

Les problématiques de Qualité de Vie au Travail posent des questions d’ordre très concret et matériel. Comment l’aménagement des espaces de travail influence-t-il la qualité de vie professionnelle ? Il est d’ailleurs souvent plus facile de recourir à un tel aménagement. C’est une opération concrète, dont le résultat est immédiatement visible. Certains employeurs se contentent ainsi de construire une cafétéria ou un coin détente pour donner rapidement satisfaction aux salariés. Mené seul, cet aspect de la QVT ne saurait suffire, évidemment. Mais il constitue une réflexion non négligeable des conditions réelles de travail, et permet une action rapide.

 

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De moins en moins seuls

La tendance à transformer l’entreprise en open space n’est pas nouvelle, et elle continue de se poursuivre. Le Baromètre 2015 CSA/Actinéo montre bien qu’entre 2011 et 2015, la part de salariés occupant des bureaux individuels est passée de 40 à 33%. Dans le même temps, les espaces collectifs ouverts sont passés de 11 à 18%. Les salariés sans bureaux sont passés de 5 à 10%.

De plus en plus, les lieux de travail s’ouvrent. Sous forme d’open-space ou pas, on est moins isolé dans la majorité de ses tâches quotidiennes. Ce premier constat n’est pas alarmant en soi. Il comporte seulement un lot de dérives sur lesquels nous reviendront.

Des espaces ouverts à investir

On peut distinguer les « bureaux » à proprement parler, où la majorité du travail est effectuée, des lieux collectifs où les salariés se retrouvent. Ces lieux collectifs connaissent-ils la même tendance d’éclatement que les bureaux ? En fait, certains lieux indispensables au lien social, au travail en équipe, à la communauté de l’entreprise, sont mal investis. Pourtant, il ne faut pas s’en tenir à une hyper-ouverture des bureaux. Il faut aussi ouvrir les lieux collectifs et permettre aux salariés de les utiliser.

Le baromètre CSA/Actinéo nous apprend que certains lieux sont « de trop », car trop peu utilisés. Les salles de visioconférences, les salles de réunions à réservation… Les salariés ne s’en saisissent pas. En revanche, d’autres lieux manquent alors même qu’ils ont du succès auprès des salariés. Les salles de sport, les jardins, les salles de repos, les salles de coworking, les cafétérias…

Les employeurs doivent être à l’écoute de la demande des salariés afin d’éviter les lieux inutiles et d’investir dans des lieux qui attirent. Sans ça, les salariés peuvent mal vivre cette tendance à l’ouverture des bureaux, où le contrôle des uns sur les autres peut être dur à supporter. Il faut compenser par des lieux et des moments où les salariés sont certes en groupe, mais dans un cadre plus libre et détendu.

Enfin, il faut favoriser les « lieux de démocratie dans l’entreprise ». Ateliers participatifs, formations, mentoring ou projets transversaux sont autant de manière de relier les salariés entre eux, en dehors du temps de travail à proprement parler.

S’isoler dans la communauté

Cette tendance à l’ouverture des bureaux et des espaces de travail doit aussi se compenser par de possibles échappatoires. Les salariés interrogés par CSA/Actinéo dénoncent le bruit comme une des principales nuisances au travail. C’est la conséquence directe de ces espaces où tout le monde cohabite. Les conversations et les coups de téléphones empêchent la concentration.

Si la majorité du travail n’a plus de raison d’être fait dans l’isolement, ce dernier est indispensable durant quelques heures par jour, ou pour quelques missions au moins. Cet isolement doit être rendu possible par les locaux. Des espaces de détente, des salles libres pour téléphoner, des cafétérias, des terrasses. De petits espaces peuvent suffire pour passer un coup de fil, se reposer quelques minutes ou se mettre à l’abri du bruit. Mais en l’absence de tels échappatoires que le « collectif » peut devenir pesant.

Entre salariés isolés en permanence et salariés constamment regroupés, il faut trouver un juste milieu. Ces deux extrêmes sont mauvais pour l’équilibre du salarié qui a besoin du groupe (pour son « moral », pour ses relations, pour sa stimulation), mais qui a aussi besoin de se retrouver seul (pour se détendre ou se concentrer). La problématique des locaux d’entreprise peut paraitre à première vue superficielle. Pourtant, si les locaux ne permettent pas cette ambivalence entre l’isolement et le collectif, rien n’est possible. La QVT dans une entreprise commence donc par un aménagement intelligent, qui tient compte de la spécificité de ses salariés et de leurs demandes.

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